Un train de sénateur sous bracelet électronique :
Moonwalk ou Nightrun?


Lundi 1er décembre 2025, je me réveille dans le lit de ma dulcinée. Revenant du marathon de La Rochelle où j’ai couru avec un sac de consignes à la main, n’ayant pas trouvé la zone de dépôt au départ. Petite panique, les inscriptions pour Ploeren sont closes! Après quelques recherches sur le net et quelques coups de fils aux organisateurs, refus, puis espoir de récupérer un dossard sur place, finalement confirmé par le responsable de l’organisation.
Samedi 6 décembre, je me trouve parmi 350 participants motivés au départ de la 23ème édition des 6h, 12h et 24h de cette course en boucle d’un kilomètre autour de la salle du Spi à Ploeren, près de Vannes, dans le Morbihan en Bretagne. Et dans le lot, un illuminé, au sens propre comme au figuré. 6 jours après avoir fini le marathon de La Rochelle pour en rapporter une bourriche d’huîtres à déguster durant cette circadie.
Oui, selon moi, c’est le meilleur ravito pour les épreuves d’endurance. De l’eau, des sels minéraux, des oligo-éléments, le seul déchet non organique étant le plastique filtré par ce mollusque bi valve de la famille des Ostréidés, consommés par l’humain depuis la préhistoire (l’huître, pas le plastique).
Cette course, je l’ai connue en 2018, 17ème édition. Arrivé quelques mois plus tôt à Vannes pour raison professionnelle, et avec l’objectif sportif de préparer les 177 kilomètres du Grand Raid de l’Ultra Marin du Golfe du Morbihan, je me suis toujours dit; “si t’es capable de courir 24 heures dans le froid en décembre, tu finiras les 177 kilomètres de cette looongue balade autour du Golfe du Morbihan fin juin”. Depuis je l’ai couru ce grand raid, et même 2 fois, une fois dans chaque sens.
Mais revenons-en à cette course circadienne à laquelle je participe pour la septième fois. Même en 2020, l’année covid, nous avions couru avec un ami sur un parcours plus approximatif en remplissant nos autorisations de sortie (vous vous en souvenez?). Souvent inscrit à la dernière minute, comme à mon habitude, il n’est pas rare que mon numéro de dossard corresponde au nombre d’inscrits.
La première fois, j’ai parcouru 119,263 kilomètres officiellement, classé 47ème sur 67. 125,029 kilomètres en 2019, 57ème sur 97. En 2020 donc, année virtuelle, nous avions fait 118 kilomètres. En 2021, 39ème sur 88 avec 134,550 kilomètres. En 2022, pour pimenter l’affaire, nous avions décidé avec le même compère de courir non pas 24 heures, mais 36 heures, en partant à minuit le vendredi soir pour finir le dimanche midi avec tout le monde. Résultat des courses, l’acolyte abandonne en moins de 3 heures de course officielle en s’écoeurant des “dossards”. Et je fais une piètre performance personnelle de 91,799 kilomètres, 92ème sur 114. L’année dernière, en 2024, j’ai fait 137,877 kilomètres, 43ème sur 124. Ce n’est donc clairement pas une découverte, mais plutôt un rituel annuel de fin de saison sportive avant les fêtes de fin d’année.
Arrivé sur place le samedi 6 décembre à 9h pour payer sur place mon inscription tardive par chèque de 45€ à l’ordre de l’AFM Téléthon, j’ai pû me garer à mon aise et m’installer dans les meilleures conditions en prenant un bout de table que je considère bien placé. Après avoir salué les organisateurs, les bénévoles, les juges, les autres participants, les potes coureurs et les habitués du macadam. il est temps de se poser et de faire le point avec ce corps, encore vif et réactif. Et de faire un ultime check up intégral. Mental, physique, tenues et chaussures en rab (au cas où); ravito perso et couette dans la voiture. Y’a plus qu’à se graisser les parties sensibles, les affaires sont prêtes.
Participer à une épreuve circadienne ne ressemble à aucun autre format de course à pied, ni trail, ni marathon, ni cross, et encore moins une course en stade sur piste. Le parcours de Ploeren, pour le décrire avec des mots, se compose d’une salle des sports, scène centrale de cette aventure théâtrale, un parking en stabilisé servant de boulodrome le reste de l’année, une petite allée avec une petite bosse de rien du tout, au début, (mais qui finit par faire de plus en plus mal à chaque passage, jusqu’à s’arrêter de courir pour marcher et récupérer quelques secondes avant de relancer) pour faire le tour d’un terrain de football, prolongé d’une aire de jeu pour enfants, avant de revenir en direction de la fameuse salle des sports, en passant de nouveau par la petite allée, cette fois dans le sens de la descente.
Être actif 24 heures implique d’affronter continuellement les éléments extérieurs, avec à chaque tour la tentation de s’arrêter dans la salle chauffée, où le ravito est garni, la chaise prête à servir de soutien pour ce corps qui se demande ce qu’il fait là. Même les douches chaudes sont une tentation à s’arrêter, sans parler des ostéos venus spécialement pour dénouer les raideurs musculaires. Dernière tentation, et pas des moindres, les lits de camp qui peuvent permettre de s’allonger sans bouger, comble de la tentation. Personnellement, je m’arrange pour que ma voiture aménagée en mode vanlife avec un lit à la place de la banquette arrière, soit garée à proximité immédiate du parcours. Et plus précisément à 3 mètres de la sortie de la salle des sports.
La première fois que l’on ose s’inscrire à ce genre de format de course, c’est l’inconnu. On arrive avec notre sac de sport, plein à craquer de tenues de rechange et d’un sac ravito digne d’un ultra trail, compact, hyper protéiné. Sucré, salé, fruits, petits plaisirs, tout y est. Mais une fois dans la salle, on remarque très vite les habitués, celles et ceux qui viennent à Ploeren tous les ans, tels des pèlerins se rendant à Lourdes dans l’espoir d’un miracle. La foi, d’une performance sportive améliorée, ou bien de marcher perpétuellement autour de cette boucle de hamster. Chacune et chacun son objectif, sa condition physique et mentale du moment, chaque élément a son importance, la suite nous le prouvera. Un pas après l’autre, avancer, encore et toujours, car on finit par se dire que ça ne s’arrêtera pas. Mais il est encore trop tôt pour penser à ça.
Midi, le départ est donné et les fauves sont lâchés au son du bagad local (faudrait pas oublier qu’on est en Bretagne). Comme tous les ans, les plus nerveux partent en trombe, induits en erreur par les allures stratosphériques imposées par les équipes en relais. Les conditions météorologiques sont très correctes, seuls quelques coups de vent nous rappellent que l’océan atlantique et le Golfe du Morbihan ne sont pas loin. Progressivement, tout le monde trouve son rythme et les conversations sont nombreuses et joyeuses entre les participants à cette 23ème édition du championnat de Bretagne des ultra-marathons dont tous les frais d’inscriptions sont reversés au téléthon. Qu’on le veuille ou non, on partage le même parcours. Et on apprend à connaître les autres concurrents, à reconnaître les bruits de pieds, des odeurs de transpiration et des souffles. En plus de la vue du spectacle et les goûts stimulés au ravito, tous les sens sont en émois. Certaines personnes vont courageusement marcher de bout en bout, sans défaillir, pour devenir circadiennes.
Au bout de 3 heures de course, les places sont faites, les allures sont encore majoritairement régulières, bien que déjà les premières défaillances se dévoilent. Les plus nerveux commencent à comprendre le piège de la roue du hamster. Rien ne sert d’accélérer, l’important c’est de durer le plus longtemps possible. Fatalement, les jambes deviennent de plus en plus lourdes, sur sollicitées qu’elles sont par la répétition du même mouvement. Pourtant, le mental et la préparation dévoilent des capacités de résilience, de résistance et de courage, d’aucuns ne se savaient capables.
Jusque là, tout va bien, les conditions météo restent très correctes, voire exceptionnellement chaudes pour la saison. Les discussions entre participants vont bon train, comme les allures, encore fraîches et bondissantes. Certains sont là par revanche d’une contre performance l’an passé, ou pour découvrir ce format exotique et encore confidentiel dans cette explosion post covid du développement des course à pied. “T’as vu, telle course est déjà pleine, tous les dossards se sont arrachés en moins de 4 minutes à l’ouverture des inscriptions”,”ah ouais? Ben moi, d’abord, je me suis inscrit à tel ultra, cette course me sert de test pour lancer ma prépa.” ou encore les “Rah, je ne suis pas bien aujourd’hui. Pourtant j’ai fait tout ce qu’il fallait pour être prêt le jour j”. Bref, tout le monde y va de son laïus sur sa saison écoulée, sur ses objectifs pour l’année à venir, ou encore sur les potins de blabla runners, quand on ne raconte pas carrément son chemin de vie, ce qui nous a poussé à être ici même, dans l’instant présent de cette douce journée de décembre .
A 18h, la fin des 6h, la moitié des 12h et le quart des 24h. Une autre course commence. La nuit tombe, les guirlandes font leur apparition, et la moitié des participants s’arrêtent. Après avoir labouré, lacéré le parcours, les premiers abandons débutent. Toute erreur de préparation physique ou mentale est rédhibitoire. Une hydratation ou une nutrition défaillante. un faux mouvement ou encore un mental qui s’émiette, et c’est la fin. Sans parler des irritations, blessures, brûlures qui à terme peuvent s’avérer catastrophiques sur le long terme. La nuit, avec l’éclairage public comme seule lumière, chacun est dans sa bulle, mais on est tous dans le même bateau, solidaires et unis par la magie de ce moment partagé.
Coup de tonnerre, quand, après moins de 7 heures de course, la nouvelle se répand comme une traînée de poudre. Le favori Michaël Boch, vainqueur des 3 dernières éditions, vice -champion du monde par équipe sur 24 heures avec plus de 264 kilomètres avalés en octobre, a fini par se dire qu’il serait mieux avec ses enfants au coin du feu un samedi soir d’avant les fêtes de fin d’année. Tout arrive, même le pire, même aux meilleurs.
21 heures, moins de 100 personnes continuent de tourner perpétuellement autour de ce fichu circuit, aux virages serrés et dont chaque centimètre vient d’être piétiné par un troupeau de bêcheurs et de laboureurs. Car les pieds traînent au sol, et avec les premières averses, les flaques apparaissent au sol. Essentiellement composé de bitume et de revêtement dur, le passage sur un parking gravillonné (qui sert de boulodrome le restant de l’année) se révèle tour après tour un peu plus creusé et piégeux. C’est le passage de 200 mètres en sortant de la salle des sports qui comporte 2 petites bosses de rien du tout en temps normal, mais qui fatalement finit par faire marcher.
A minuit, début d’une autre course, la fin des 12h, la moitié des 24h, et seule une poignée de participants restante continue de garder une allure stable. Pour tous les autres, c’est la guerre. Excepté pour les relais, qui continuent inlassablement d’enchaîner les tours à des vitesses dingues. Certains marchent comme des zombies, d’autres s’arrêtent pour dormir ou se faire masser. Là, on est dans l’introspection. Les ostéos partent se coucher, en prenant soin de ne pas réveiller les moins téméraires, écoeurés par les conditions météo. Car hors de la salle des sports, le vent souffle fort et des trombes d’eau s’abattent sur celles et ceux qui osent s’y frotter.
2h30: première et unique douche. Après avoir couru en short pendant plus de 14 heures, il est temps d’enfiler un legging et de se changer intégralement. Non pas pour affronter le froid habituel du premier weekend de décembre dans cette partie du Morbihan. Ça fait 3 heures qu’on court sous la pluie et c’est agréable de se sécher, et tout simplement de prendre soin de soi. A titre personnel, après une année sportive exceptionnellement accomplie (7 marathons dont 4 improvisés, les 177 kilomètres du grand raid de l’ultra marin, les 100 kilomètres de l’Endu’Rance Trail des Corsaires. 1 seul DNF aux 50 kilomètres du Tiken Trail, mais finisher quand même, hors délai au dernier point de passage du 42ème kilomètre certes) je n’ai pas la force d’améliorer mon “record” de l’an passé avec 137.7 kilomètres.
Décision est prise d’aller se mettre sous la couette dans la voiture, garée à 5 mètres de la sortie de la salle des sports. En mode ASMR à écouter la pluie tomber sur la carrosserie en faisant le point sur les douleurs et les sensations musculaires. L’expérience aidant, le corps s’habitue aux tiraillements des douleurs apparues depuis le départ de cette course. Depuis 2018, j’ai du louper une seule édition, nonobstant l’année covid. La première fois est toujours la plus marquante, c’est toujours une découverte. Et rarement la dernière, car malgré les “qu’est-ce que je fous là?!”, les “plus jamais”, les “quel sport à la con!”, une fois qu’on a goûté et survécu à ce genre d’effort, on revient pour voir si on est capables de faire mieux.
Ce qui se passe à ce moment-là ressemble à quelque chose de quasi mystique. Les mieux préparés sont en pleine allégresse, comparables à celle de Yanis Kouros chantant ses hymnes helléniques lors de ses exploits d’ultra-marathonien. Plus rien n’a d’importance, la température, le vent, la pluie, rien ne les arrête. A l’intérieur de la salle, c’est l’hécatombe, il ne reste guère que les bénévoles et les accompagnateurs les plus dévoués qui conservent un semblant de vie parmi les ruines de ce cimetière de la foulée. Pour la plupart, ça fait longtemps que les plans de course potassés à l’entraînement se sont révélés intenables. Et que le seul objectif réaliste consiste à trouver la force mentale et physique de mettre un pied devant l’autre, et bis repetita, ad vitam aeternam ou presque. Car ça fait une éternité qu’on tourne en rond, non?
Et quand le lever du soleil arrive vers 8h45, malgré le ciel gris, venteux et pluvieux, on est toutes et tous des héros, d’avoir tenu bon jusque là. Les foulées sont majoritairement désynchronisées, voire zombiesques. 3 heures après c’est une transe collective qui unit tous les résistants qui ont tenu malgré tout. C’est vraiment particulier. Il faut avant tout un mental d’acier. Pour le reste, on fait avec les moyens du bord. Les pieds, les jambes, les genoux, chaque muscle et tendon est poussé dans ses limites. Même les meilleurs relayeurs finissent dans le dur cet effort circadien. Et pourtant, tout le monde y met l’énergie qui reste en réserve, et c’est incroyable à quel point le corps et l’esprit peuvent porter l’effort à une intensité aussi élevée.
Conclusion personnelle sur cette édition 2025 des 24 heures de Ploeren où j’ai péniblement atteint les 125,2683 kilomètres, à la 51 ème place sur 113. Avec un meilleur tour à 5 minutes et 47 secondes, c’est un de mes plus rapides. 05:45 en 2024, 05:40 en 2023, 03:06 en 2022 (y’a une erreur quelque part..), 06:24 en 2021, rien en 2020, temps au dernier tour de 14:33 en 2019, aucune marque en 2018. La première fois, j’étais un Sénior, depuis je suis devenu un Master 2. Et bien, ça a été avant tout une belle fête, entouré d’une sacrée bande de joyeux drilles, toutes et tous animés par la même passion en participant à cette fête circadienne qui a tenu toutes ses promesses. Une personne très chère à mon cœur à fait podium sur le 12 heures, une autre amie a fait podium sur le 6 heures. Le coup de cœur du jury est allé très justement à Elliot_secondsouffle, un coureur atteint de la mucoviscidose qui a dépassé sa condition physique pour aller au bout de ses rêves et faire parler de son histoire personnelle.
Et moi, tudieu, quelles sont mes impressions personnelles? J’ai essayé de vous les décrire le plus précisément possible lors de ce récit. Mais je vous ai caché ma particularité la plus inavouable. Lors de cette aventure épique, j’ai fumé pas moins de 4 sticks. Des cigarettes aromatisées au cannabis. Non, non, ce n’est pas du CBD mais du THC, dans sa forme la plus récréative possible. Avant d’en conclure précipitamment que je suis un dopé ou un drogué, saviez-vous que les sports d’ultra-endurance faisaient fabriquer la même molécule au cerveau que le THC? Je peux dire, sans m’en orgueillir, que depuis mon premier marathon couru au mont Saint Michel en 2005, j’ai couru la plupart du temps dans cet état. Vous vouliez mes impressions? Vous n’allez pas être déçus. Cette spécificité cannabique ne me fait pas gagner du temps, bien au contraire. S’arrêter de courir, grinder, rouler, aspirer, expirer. Apaisé!
Des contraintes de ma condition de chômeur de longue durée sans territoire, anciennement président d’une association d’insertion professionnelle ayant permis à pas moins de 85 personnes de trouver un emploi stable, durable et décent depuis 2022. Des pressions locales et internationales, des conflits, de l’inflation, des crises en tout genre. Climat, conditions de vie, environnements professionnels et personnels, j’en passe et des meilleurs. Sans oublier l’amour, où plutôt son absence, et l’âge qui avance comme les années passent et les éditions des 24 heures de Ploeren défilent dans ma mémoire.
Courir est une seconde nature pour moi. Depuis aussi tôt que je me souvienne, j’ai toujours couru. Un de mes plus “marquants” souvenirs d’enfance avant 5 ans, c’est de courir pour échapper à mon père qui souhaitait me faire comprendre qu’on ne dit pas merde! Mes fesses s’en souviennent et rougissent encore. Ma première course, dont j’ai la photo, c’était à Montfort sur Meu, inscrit à la dernière minute (tiens, tiens, ceci explique cela) avec des cousins cousines dans les rues de la ville, j’avais 10 ans. Depuis le collège et les cross UNSS du mercredi, j’ai toujours préféré louper les devoirs de français ou d’histoire géographie dispensés pour aller gambader avec les copains et faire les 400 coups. Pour équilibrer avec les vices de la vie de l’époque, j’ai continué à courir après l’adolescence pour me maintenir physiquement en vue de pratiquer un autre sport. Mais n’ayant pas les moyens de jouer au golf ou de prendre des leçons de tennis, ou encore d’avoir une planche de surf ou un cheval, bah j’ai continué à courir.
Avec des chaussures adaptées, souvent attiré par les nouvelles technologies, surtout quand je travaillais dans ce domaine. Strava est née en 2009, j’avais déjà couru 6 marathons, où je découvrais la Garmin 305XT, petit ordinateur de poignet comparé à la puce Nike+ ou bien encore la montre Polar que je portais auparavant. Je peux dire que je suis un vieux de la vieille en matière de course à pied, sans jamais avoir trusté les podiums malgré mes 69 marathons, mes 20 ultra-trails et autres courses circadiennes, entre tous les semis et 10 kilomètres avalés pour se préparer à l’épreuve mythique depuis son histoire erronée de messager mourut dans les bras de son roi pour lui annoncer la victoire de son peuple face à l’envahisseur. J’ai couru de Marathon à Athènes, d’Ottawa à Montréal, du Mont Saint Michel à Saint Nazaire par le sentier des douaniers du GR34, à Amsterdam, en Italie, Belgique, Tunisie. J’ai participé à la plupart des marathons locaux en Bretagne, pour ne pas dire tous ceux qui existent encore. Et même certains qui n’ont connu qu’une édition comme à Lorient, ou quelques-unes comme le marathon objectif autonomie de Perros Guirrec à Paimpol, dans les deux sens.
Bref, Ploeren, j’en parle comme d’une course réservée aux initiés, non pas forcément aux amateurs de chrono et de performance stakhanoviste, mais plutôt aux amoureux de la CAP. La course à pied, celle qui fait rencontrer des personnes ayant des centres d’intérêts, des points communs. Sur 24 heures se résument des carrières sportives, des histoires de vie plus ou moins heureuses et des parcours plus ou moins cabossés. C’est une course qui se fait pour la bonne cause, collecter des fonds pour financer la recherche scientifique dans les maladies rares. Pour l’instant, Dieu merci, je suis en bonne santé, et si je peux courir, je ne vais pas me gêner. Malgré les alertes de mes proches qui me disent que c’est trop, que je m’abîme la santé et que je vais le regretter avant mes 60 ans. J’en ai 45 et jusqu’à ce que mon corps le supporte, je continue à avancer vers mon objectif d’atteindre les 100 marathons.
Cette édition 2025 des 24 heures de Ploeren m’a motivé à tenter un 48 heures, pour voir. Peut-être à Royan en octobre 2026. Et pourquoi pas participer à Paris Colmar, épreuve de marche athlétique de plus de 500 kilomètres qui va fêter son centenaire lors de cette édition. Mon corps encaisse de mieux en mieux les efforts longs, très longs. Je n’ai pas encore trouvé ma limite, celle qui me fera raccrocher les crampons et tourner les talons vers d’autres horizons. Pon pon pon pon, moi j’voulais jouer de l’hélicon! (Boby Lapointe pour celles et ceux qui n’auraient pas la référence). Pour l’instant, ma seule limite est financière. Les prix des dossards ayant flambé depuis quelques années, l’objectif de courir 1 marathon par mois l’an prochain pourrait me coûter la bagatelle de 900 € juste pour les inscriptions, en prenant un prix moyen actuel de 75€, quand il était de 29€ en 2005…
Une semaine après la course, le corps récupère après que quelques douleurs se soient réveillées après coup. Surtout au niveau des pieds.
LEXIQUE:
Circadie:
Mickael Boch:
Blabla runners:
Yanis KOUROS: